SAUTE !

 

 

Entends-tu cette voix
Qui supplie et t’appelle
Quand doucement tu meurs
Et que tu n’es plus toi

C’est celle d’un cœur
Indomptable et rebelle
Qui se moque de tes peurs
Il chante la vie est belle

Au travers d’une fenêtre
Tu contemples tes rêves
Un avenir, des peut-être
Et un soleil se lève

Tu montes sur le rebord
Sans regrets, sans remords
Si tu restes c’est la mort
Si tu sautes tu es fort

Ouvre tes ailes, envole-toi
Le regard vers le ciel
Entends-tu cette voix
Qui supplie et t’appelle

 

Daniel Tahl
Tous droits réservés 2018

Texte extrait du roman “L’Homme à la tête de chat”

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Je la regarde dormir

La lune éclaire les noirs reflets
De la crinière sauvage
Qui court sur l’oreiller
D’une reine sans visage

J’suis un veilleur de nuit
Dans l’ombre du désir
Celui de l’insomnie
Pour la regarder dormir

Je suis une sentinelle
Une tour dans le ciel
Qui veille sur une belle
Aux grands yeux d’aquarelle

Deux heures avant l’aube
J’ai saisi le moment
Pour contempler le fauve
Merveille, femme enfant

Si un songe t’agresse
Je viendrai te sauver
Le répit d’une tigresse
Apaise le guerrier

Nul besoin de dormir
À côté d’une princesse
Car sa beauté inspire
La plume qui caresse

Daniel Tahl
Tous droits réservés 2018
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Chapeau bas Gringo !

Hommage à Bernard Lavilliers

 

Le temps est venu de rendre un réel hommage à mon ami Bernard, celui qui m’accompagne en musique parfois lorsque j’écris. Je le considère en effet comme mon ami, sans que l’on ne se soit jamais rencontrés, et vous allez savoir pourquoi.
Il n’est pas question ici de refaire sa biographie ou de passer en revue sa discographie, de nombreux articles sur le net le font très bien. Cet article tente plutôt d’expliquer comment je ressens cet artiste et son génie en tant qu’auteur et musicien. Ma lecture mettra en lumière des recoins de son œuvre que l’on connait moins mais qui à eux seuls permettraient de le mettre au premier plan, comme il le mérite selon moi.
J’écris toujours avec mon casque rempli de musique sur les oreilles, faisant défiler les heures et les notes, et parfois les paroles, que j’entends sans que ma conscience ne s’y accroche. Je voyage…
Et s’il est une musique qui invite au voyage c’est bien celle de Bernard !
J’ai 45 ans et ne l’ai découvert que dans les années 1990, avec son album « Solo ». A l’époque je jouais dans un groupe de rock en tant que guitariste, et c’est le batteur qui m’a fait découvrir cet album. Je me suis vite retrouvé au « Manila Hôtel », en « Jet-Lag » …

A l’époque, je n’écrivais pas encore, et je crois bien que j’ai vraiment appris à comprendre cet artiste après avoir écrit mon premier roman et mes premiers poèmes. J’ai commencé par réécouter par hasard des vieux tubes comme « Noir et Blanc » ou « Idées noires », puis j’ai acheté les albums qui les contiennent. Alors je suis tombé sur cet album chef d’œuvre « Etat d’urgence » …

Mais je suis vraiment tombé !

 

« Au fond des corridors
Enfants des courants d’air… »

 

J’ai écouté en boucle le morceau QHS et j’ai été frappé par la force et la profondeur de ses mots.
Ça sent un peu le vécu sûrement, mais surtout la souffrance. N’est-ce pas ce qui fait la consistance de l’artiste ? Cette mélancolie qui coule de partout dans cet album, la noirceur parfois qui nous remplit l’esprit, elle aura atteint tous ceux qui les ont ressenties. Certains auront trouvé tout cela trop glauque, et d’autres comme moi, se baignent dans son spleen musclé et racé.
Et là, si on écoute bien, notamment « Le clan Mongol », on retrouve le concept du guerrier, de l’ultime vérité que votre serviteur a développé dans « L’Homme à la tête de chat ».

 

« Je suis prêt à mourir demain
Je suis prêt à partir très vite
Regard d’acier je ne dis rien
J’ai dépassé la limite »

 

Quand on lit ces vers, on a tout compris : Bernard fait partie de ces guerriers invincibles.
Parce qu’il est « prêt à partir très vite », il est prêt à tenter toutes les folies, à tout se permettre. C’est pour cela aussi qu’il a si bien réussi. Il avait déjà compris tout ça en étant jeune.
Donc Bernard est un philosophe, et pas seulement un musicien et un poète. La poésie ne vient elle pas avec la philosophie ? Dans son cas, c’est une évidence. Je ne peux qu’être ami avec lui 😉
Ses textes parlent de voyage, mais sont souvent aussi un « crochet au foie »[1] du système. Il n’aime pas la politique Bernard, et dénonce sans les citer les « ordures de haut niveau » (« 5mn au paradis »). J’aurais pu le dire à sa place. Alors c’est ça ? Je suis anarchiste ? Alors d’accord.
Mais revenons à l’artiste. Sa poésie, tantôt teigneuse, tantôt déjantée, relève simplement d’un grand talent. Un talent qui lui aura été inspiré par ses maîtres dont Louis Aragon. Je vous invite à écouter son adaptation musicale « Est-ainsi que les hommes vivent ? ». L’adaptation avait déjà été produite par Léo Ferré. Le texte est génial, évidemment, mais il a été porté au firmament par la musique et les arrangements.
Et là, je fais une habile transition sur la musique. En tant que guitariste depuis près de 30 ans, je ne pouvais évidemment pas passer à côté du sujet. Bernard est un musicien et s’il ne peut pas pratiquer tous les instruments à la fois, il a su s’entourer des meilleurs musiciens du secteur, et ce, depuis bien longtemps…
Au cours des époques et des albums, l’oreille du musicien aguerri reconnaîtra différents courants et les monstres influents.
En vrac et à titre d’exemple :
« Fauve d’Amazone » me fait penser à Jaco Pastorius dans « Barbary coast » de Weather Report
(bien écouter la basse)
« Lettre ouverte » (du même album) me fait penser à Franck Zappa dans ses changements de rythmes soudains (1’12) et ses arrangements à tomber par terre.
Et la guitare ? Steve Vai ou Ricthie Blackmore ?
Il y a du métal dans cet album, n’est-ce pas ? Mais Bernard « n’appartient jamais à personne »…
Sa culture est tout simplement immense. Il a lu les plus grands poètes et écouté toute la musique du monde, en passant bien évidemment par le Brésil. Si tu vas à Rio, n’oublie pas Barreto !
Tiens, j’écoute un peu et j’entends ses percussions dans « Muse », avec un son plus moderne. Pour le coup, on ne pourra pas dire que c’est mon imagination.
Je finirai par une mention spéciale pour le morceau « 5 minutes au paradis » extrait du dernier album du même nom.
Alors là franchement… J’ai adoré ce morceau à la première écoute (rare).
Maturité de l’écriture, de la voix aussi, Bernard vieillit comme un grand cru de vin de Bourgogne (à moins qu’il en pousse à St Etienne ?).
Tout est dans l’excellence ici, rendons aussi hommage à Fred Pallem qui en a fait un véritable bijou avec ses arrangements énormes de musique de film.
22 albums qui contiennent une richesse à la fois musicale et poétique inégalée tant en termes de longévité que d’intensité.
Alors…chapeau bas, et longue vie au Gringo !
Daniel Tahl.
PS : T’as vraiment lu Machiavel ?
[1] Référence au morceau « 15e Round »
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Un monde dans un autre

Des fourmis marchent en silence
Et portent une tonne de terre
Si sourdes à l’insolence
De l’homme qui fait la guerre

Le vent soufflait si fort
Que l’on aurait pu croire
Au bout de leurs efforts
À la fin de l’histoire

Tu pleures et tu t’agites
Mais la guerrière avance
Sans que son cœur palpite
Ni n’écoute sa souffrance

Dans ton monstre mécanique
Tu crois que tu domines
Ta folie atomique
Et la puissance d’une chine

Baisse toi et contemple
L’œuvre de dame nature
Sois humble devant le temple
De celles qui perdurent

Choc de l’astéroïde
Sans aucun stéroïde
Elles ont traversé l’aride
Sous l’œil des dieux humide

Sur la règle du monde
Tu ne fus qu’un millimètre
Après qu’un poisson ne ponde
La chair de tes ancêtres

Redeviens un apôtre
Qui dans l’amour se vautre
Pardonne toutes les fautes
N’es tu pas la fourmi d’un autre ?

Daniel Tahl
Tous droits réservés 2018

Photo : Rubén Bagüés

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Oradour 

Dans la rosée d’une aube en deuil
Coule une rivière de sang carmin
On entend le vent dans les feuilles
Qui se faufile comme un chagrin

Cannes en sureau, bouchons de liège
Péchaient la joie et les goujons
Les rires des enfants en arpèges
Chantaient aux oiseaux des chansons

Loin du bonheur en papillote
Le malheur produit d’autres sons
Bien ordonné, le bruit des bottes
L’acier des casques et l’écusson

Debout sur la place du village
Par une fatale convocation
Il t’ont arraché cet ouvrage
Qui fait de vivre une raison

Fallait-il qu’ils soient des hommes
Pour mettre ainsi feu à la vie ?
Pour faire du mal une couronne
Que même le diable leur envie

Et moi je marche doucement
Dans ce musée des âmes perdues
En silence je bois mon tourment
Poupée brûlée, cuillère tordue

Qu’y ai-je à voir, dans ces décombres ?
Au grand cimetière des âmes perdues
Errant dans le royaume des ombres
Mes émotions se mettent à nu

Un jour aussi je brulerai
Et nous nous reverrons peut-être
En attendant je brûle pour toi
Qui remplis d’amour tout mon être

Daniel Tahl
Tous droits réservés 2018

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Le coeur cassé des lions

Quand tu fais ces yeux là
Quand le tigre devient chat
Voyage dans le passé
Des grands fauves blessés

Quand le souffle du guerrier
Balaye tes cheveux
Quand la lune scarifiée
Nous regarde d’un air pieux

Quand ton regard humide
Me pose cette même question
Quand ce malaise perfide
Cambriole ta raison

L’absinthe coule dans mes veines
Et mon cœur se répand
Pour laver toute cette peine
Dans une mer de sang

J’essaie de te le dire
Ne cesse de te l’écrire
A quoi bon tous ces mots
Pour t’ôter ce fardeau

Et moi je croyais
Naïveté, prétention
Que l’amour réparait
Le cœur cassé des lions

Quand tu fais ces yeux là
Quand la lionne dicte sa loi
Je ne peux être qu’à toi
Dans cette vie et au-delà

Daniel Tahl
Tous droits réservés 2018

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Machine à tuer

Ce fut un jour d’automne
Que tu vins dans mon coeur
Amochée par les hommes
Un fauve fuyant la peur

Douce peluche en enfilade
Tu te pâmes dans l’indolence
A quoi rêvent tes yeux de jade ?
Quand je caresse ton indécence

Dors princesse, dors tranquille
Car bientôt viendra l’heure
Où le jour se déshabille
Et réveille l’instinct du tueur

Pendant que l’enfant dort
La nuit ouvre ses portes
Au théâtre de la mort
D’une guerrière sans escorte

Erre dans la jungle hostile
Tu flottes à pas de loup
Dans un silence immobile
Perfection d’un seul coup

Eclaire le petit matin
Les restes sur l’herbe gisants
De ton sanglant festin
Ton regard innocent

La nature est fragile
Et la mort sans pitié
Le crime est si tranquille
Pour une machine à tuer

Au tribunal du monde
Tu m’inculpes, arrogant
Humains ou bien chats
Sommes-nous si différents ?

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Un homme qu’on oublie

Un courant d’air usé
Transporte les années
Et le souvenir perdu
D’un amour révolu

Elle était belle et brune
Ses cheveux longs flottaient
Et dansaient sous la lune
Le désir implorait

Il lui jetait des roses
Portait des chemises en lin
Il fumait de la prose
Douces volutes de jasmin

Le monde pouvait y voir
L’aboutissement du soir
Le son doux et nacré
Des orgasmes raffinés

Mais la nature dicte sa loi
Sans que nul n’y résiste
Ainsi chez l’exorciste
Déboula le p’tit roi

Elle lui donna ses seins
La caresse de ses nuits
Nulle place pour les mains
D’un homme qu’on oublie

Sa crinière raccourcit
A l’entrée des écoles
Quand septembre retentit
Et que la joie s’immole

Oublie ça dans un verre
Vole au dessus des toits
Le désir qu’on enterre
Dans le silence des froids

Elle ne te regarde plus
Tu te perds dans la toile
Où tu restes à l’affût
Du retour de l’étoile

Avant que l’aube salie
N’éclaire nos tristes vies
Je partirai sans bruit
Comme un homme qu’on oublie

Daniel Tahl
Tous droits réservés 2018

Photo : Martine Roffinella©

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La flamme du guerrier

Derrière un grand guerrier
Il y a toujours une femme
Au passé violenté
Par le sang et les larmes

Dans les yeux du guerrier
On voit danser des flammes
Et au fond du brasier
Le souvenir d’un drame

Sous la peau du guerrier
Courent des ruisseaux de larmes
Où coule en secret
La quintessence de l’arme

C’est la muse du guerrier
Qui décuple ses forces
Reine des voies lactées
Elle dort dans son écorce

Dans le coeur du guerrier
Il y a une fissure
Lorsque sa dulcinée
Caresse ses blessures

C’est la faille du guerrier
Son début et sa fin
Elle pourrait l’emporter
Car sans elle il n’est rien

Daniel Tahl
Tous droits réservés 2018

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Un monde invisible

Dans le reflet des pierres
Il n’y a que des mirages
Les remous des rivières
Cachent des fleurs sauvages

Tu joues dans une pièce
De théâtre factice
Jugulé par la laisse
D’une société matrice

Prends place au dernier rang
Tu pourras mieux y voir
Au travers de l’écran
Il y a comme un couloir

Je t’invite au voyage
Au cœur des astres blancs
Où les hommes sont des mages
Qui arrêtent le temps

Portés par une lumière
Ils flottent en silence
Ils ferment leurs paupières
Et caressent la chance

En haut des pyramides
Il y a toujours une porte
Un voile translucide
Et une voix qui transporte

Avance et franchis la
Celle que tu n’oses pas
Derrière tu trouveras
Ce monde que nul ne voit

Daniel Tahl
Tous droits réservés 2018

Photo : Martine Roffinella©

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Prochain tour

Les nuages glissent en silence 

Loin au dessus des champs
Des souvenirs de l’enfance
Qui les suivent lentement

J’me souviens des veillées
Ou l’on fuyait Morphée
On courrait sur les murets
On retournait des scarabées

Tu grimpais dans les arbres
Et on criait « à Table ! »
J’me cachais imprenable
Dans les bras d’un érable

Aujourd’hui c’est ton jour
Tu as quarante ans
J’vois dans ton regard
Tes cheveux grisonnants
Une lueur miroir
C’était il y a longtemps…

Tu es là toi aussi
Je me souviens de l’homme fort
De tes gestes aguerris
Quand tu riais si fort
Ris tu aujourd’hui ?

Soudain c’est évident
Bêtement je vois le jour
Dans ton sourire diamant
Prochaine fois c’est mon tour

Daniel Tahl
Tous droits réservés 2018

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L’odeur de la mort

Aujourd’hui. Je vous propose de découvrir ou de redécouvrir ce poème qui est un de mes préféré.
Ceux qui ont lu le livre « L’Homme à la tête de chat » le connaissent déjà. Leur avis sur ce texte m’intéresse. Vous pouvez commenter et échanger avec l’artiste.
Pour les autres, si vous êtes curieux…

L’odeur de la mort

Sens-tu le bouquet divin ?
D’un matin assassin
Je me couche et t’étreins
Dans ce lit sans lendemain

Même si tu crains le pire
Ma lumière fauve t’attire
Je les ferai souffrir
Mais je te ferai jouir

Caresse-moi et mange-moi
Je suis la plus fidèle
Des douleurs immortelles
Et des beautés cruelles

Bois ma virginité
Prends ma vie sans offense
Je veux te voir goûter
L’immaculée souffrance

Attends-tu que je te prenne
Juste avant de t’enfuir
Est-ce la peur qui te freine ?
Il est temps de partir

Daniel Tahl
Tous droits réservés 2018
Extrait du roman “L’Homme à la tête de chat » en vente chez TERRE EN CIEL EDITIONS

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Lettre à l’ennemi

Je sens ta présence
Tout autour de moi
Un air de malfaisance 
Moucharde les abats

L’antique dégénérée
Enfante dans la souffrance
De ses tripes déchirées
Et c’était toi, pas d’chance

Médiocre dialectique
Idiotie névrotique
Misère archaïque
Un carnet traumatique

Tu leur tendais des mains
Que personne ne saisit
Entre le gémissement des chiens
Et des sourires polis

Vilaine maîtresse a mis
Des larmes dans ton cartable
Parce que la déchèterie
Est un grand bac à sable

Tu sais qu’ils n’t’aimaient pas
Tes yeux projettent le mal
Dans ton grand cinéma
Fait d’ombres improbables
Comme si c’était normal
Que tout ça tombe sur moi

Tu me frappes par derrière
Pendant que je m’assieds
Au bord de la rivière
Voir ton cadavre passer

Daniel Tahl
Tous droits réservés 2018

Photo : Martine Roffinella ©

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La politique

Tu croyais en un seul homme
Au costume Armani
Que l’urne pouvait en somme
Changer le temps et la vie

Équation illusoire
Naïveté du pauvre
Illusion de croire
Imposture du chauve

J’avais cru en Giscard
Embrassé Mitterand
Émission d’un seul soir
Et puis quoi maintenant ?

A peine le roi élu
Tu cries à la révolte
Les loups mordent à vue
Fusillent le despote

Pour le manant qui vote
Il n’y a pas de Noël
L’espoir est une compote
Au mauvais goût de fiel

Comprendras tu jamais
Que le monde extérieur
N’est que le simple reflet
De ton seul intérieur

Un maquereau ou un thon
Ne peuvent rien pour toi
Maîtres de l’illusion
Et violeurs de foi

Cravates droites et bad business
Paroles de clown, joueurs de bonto
Marketing et grandes promesses
La banque t’a fait crédit…au boulot !

C’est pas demain l’ami
Qu’tu m’verras dans ta mairie
Bois mon fric jusqu’à la lie
Le pouvoir est dans mon lit

Daniel Tahl
Tous droits réservés 2018

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Les deux lunes

La nuit tombe ici bas
Et mon ange dort déjà
Quand moi aussi je pars 
Loin du monde autre part

La nuit t’emporte ma douce
Pendant que moi je glisse
Sans remords, sans secousses
Je flirte avec le vice

Les étoiles défilent
Dans un monde sans bruit
Monte l’escalier agile
Et ma raison s’enfuie

Je contemple le rocher
Et le plateau des loups
Sous un ciel déchiré
On est tous un peu flous

Je m’invite au voyage
Au delà des nuages
Les idiots sans rivages
Je vous quitte sans hommage

Loin des hommes et des fous
Je m’invente des lagunes
Où les anges sont partout
Et je vois les deux lunes

Quand le ciel se duplique
Quand la raison abdique
Quand mon esprit supplique
La rédemption mystique

Je me noie sans remords
Dans le marc d’infortune
Je ne crains pas la mort
Et contemple les deux lunes

Daniel Tahl
Tous droits réservés 2018

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